***************************************************************************************« Ils avaient tort les gens, l'espoir existe encore... »
___La jeune fille dormait d'un sommeil agité dans sa chambre éclairée faiblement par la lumière de son ordinateur et de son réveil. Sa bouche murmurait quelque chose d'incompréhensible et chaque fois qu'elle expirait, elle fronçait les sourcils. Elle rêvait. Elle ne savait faire que ça d'ailleurs : rêver. Bien qu'elle soit profondément endormie, sa main passa sur son ventre, pour s'apaiser, comme elle avait tant l'habitude de faire lorsqu'elle était éveillée. Dans son rêve, tout était lumineux, elle ne voyait que lui. Celui dont elle commençait à prononcer distinguement le prénom. Il était là. Dans son rêve. Elle fit un pas, il recula. Deux pas, il reculait toujours. Elle n'avait pas la force & le courage de le regarder dans les yeux. Elle tendit les mains vers lui, il recula. Elle porta ses mains à son visage, sentant des larmes couler. Il ne reculait plus, il avançait, de plus en plus vite. Il ouvrit ses bras, elle s'avança, se précipita contre lui, et à la seconde où elle s'apprêtait à se laisser aller, il disparut. C'est alors qu'elle se réveilla en sursaut. *Saleté d'cauchemar*. Elle regarda en face d'elle, de tous côté, en espérant inutilement qu'il serait là. Puis elle sentit une présence à côté d'elle, tournant légèrement la tête, elle reconnut ses yeux dans l'obscurité. *Mais, pourquoi la chambre est entièrement noire, où est mon ordinateur, où est mon réveil ? C'est pas possible que ce soit lui, mais je rêve encore ou il est vraiment là...* Elle le fixait, il ne bougeait pas, il était vraiment là, elle voulut parler mais aucun son ne sortait de sa bouche. Et c'est là qu'elle réalisa qu'elle était encore dans son rêve. *S'il pouvait imaginer une seule seconde tout ce que j'ai envie de lui dire...*. Elle voulut sourire, mais sa bouche était bloquée, elle voulut se glisser contre lui, mais elle ne pouvait pas bouger. " Émilie ? ". Il avait prononcé son prénom, elle aimait tant quand il prononçait juste son prénom, sans rien d'autre, quelque soit le ton qu'il employait. Ici, le ton était doux, presque suppliant. Elle essaya à nouveau de parler, sans résultat, sa bouche était figée. "Je suis désolé ". Elle sourit faiblement intérieurement, elle ne voulait pas qu'il soit désolé. Elle voulait juste qu'il la traite normalement. Elle voulait juste que le monde qu'ils avaient tenté de construire quelques semaines plus tôt se mette sur " pause " pour qu'ils puissent le reprendre quelques temps après, voire quelques années après... " Ne dis pas ça, t'as pas à l'être. ". Elle avait réussi à placer une phrase, grâce à l'anxiété qu'elle éprouvait, cela lui avait donné la force de résister à la caractéristique du rêve. " Rendors-toi, ferme les yeux. ". Elle ne voulait pas se rendormir dans son rêve, elle savait que si elle fermait les yeux, lorsqu'elle les réouvrirai, dans son rêve ou dans la réalité, il ne serait plus là. "Je veux pas, tu vas disparaître...". Sa voix tremblait, elle déglutit. "Ouais, je disparaîtrai. Mais tu dois t'habituer à tout ça, tu dois t'y faire. Ferme les yeux. Ferme tes yeux. ". Ses paupières se refermèrent seules.
___Émilie était tournée sur le côté et ouvrit lentement les yeux, apercevant sa porte ouverte devant elle. Elle se redressa sur le dos, sa chambre était empreint d'une douce lumière. Elle se retourna sur la droite, et vit à son réveil qu'il était 2h du matin. Elle porta ses mains à ses yeux, sentant des picotements, et se rendit compte qu'elle pleurait. Elle ne sentait aucune présence, il n'avait jamais été là, ne l'était pas, et ne l'serait sans doute jamais. Elle tendit le bras droit jusqu'à sa table de nuit, où était posé son portable éteint. Elle l'alluma. Appuya sur " Nouveau message " puis composa quelque chose qui ressemblait à un " J'ai rêvé de toi. J'ai mal. ", pendant qu'elle cherchait la personne concernée dans son répertoire téléphonique, elle se remémora le rêve qu'elle venait de faire. Ses doigts cherchaient machinalement, et ses yeux regardaient les noms qui défilaient sans vraiment les voir. Le bon nom fut sélectionné et une fraction de seconde avant qu'elle n'envoie le message, Émilie referma d'un coup sec l'écran coulissant. Elle n'enverrait pas cet sms, cela ne servirait à rien, juste à lui attirer des ennuis, ainsi que provoquer quelque chose dont elle ignorait l'ampleur de son côté à lui. Elle éteignit son portable, se blotit encore plus sous la couette, et referma les yeux.
___J'ai peur. Peur qu'ils ne soient jamais le centième de ce que toi t'es. Peur qu'ils ne t'arrivent pas à la cheville. Peur qu'il n'aient jamais tes qualités, tes défauts. Peur de me le reprocher un jour. Peur de ne trouver personne. Peur de réaliser que je me suis persuadée de passer à autre chose. J'ai peur de me rendre compte dans quelques années que je suis passée à côté de toute une vie de bonheur, tout ça parce que j'ai ce caractère là et pas un autre, qui aurait été plus approprié aux événements. J'ai peur de devoir toujours leur faire croire que je vais bien, alors qu'en réalité je pleure tous les soirs, que je tremble quand j'entends ton prénom ou que j'vois quelque chose qui me fait penser à toi. J'ai la trouille de me réveiller chaque matin et de réaliser que t'es pas là. J'ai peur de devoir être obligée de me dire que t'as trouvé la personne qu'il te faut, peur de me dire que tu l'aimes et que c'est pas près d'changer. Peur de me dire que je suis égoïste et que j'aimerais que t'ai pas trouvé le bonheur. Et peur de me dire que je ne t'aime pas assez puisque je suis sincèrement apaisée que t'ai trouvé ce qu'il te faut.
___J'ai pas l'courage de relire tes textos, tes mails, ta lettre, et tout le bordel qui m'relie à toi. J'ai pas envie de rester continuellement dans cette situation, et en même temps, je sais pas tellement si j'aimerais me libérer. C'est étrange comme sentiment, comme si toute ma vie n'était fondée que sur la paradoxalité. Comme si je désirais quelque chose sur le moment, et que la seconde d'après, ce soit tout le contraire. Comme si je ne me reconnaissais plus. Comme si je n'arrivais pas à te détester... Parce que je ne dois pas te détester, j'en ai pas le droit. S'il y a quelqu'un à haïr ici, c'est bien moi. J'aimerais avoir la force de pouvoir reprendre ma vie en mains, mais la seule personne qui pourrait me le demander, est actuellement indisponible, et puis tu ne songeras peut-être pas à le faire, à me le dire clairement. Il faudra bien que je fasse sans toi maintenant. Tout le monde est passé par là, et on y passera tous. J'suis pas la première, et sûrement pas la dernière. Je vais essayer, mais je promets rien. Après tout, c'est déjà un bon point que j'le veuille, ça m'permet d'amplifier ma force. Ma volonté. La seule chose dont je ne suis pas encore prête, c'est de cesser de t'avoir définitivement dans ma vie, et je pense que j'serai jamais prête à supporter cette situation.
___Pardonne-moi.
« Quand le jour me réveille et qu'il m'offre encore ses plus beaux éclats
Le vide est le même, tu n'es plus là.
Dans mon demi sommeil je respire
Mais je sais, que je ne vis pas.
Plus rien n'est pareil, quand tu n'es plus là... »